Paplar Magazine (La Route du Rock, St Malo)14 août 2011

LABELS DES CHAMPS

Les organisateurs du festival mettent tout en oeuvre pour proposer des espaces insolites. Nous avons été visité le grand chapiteau à l'entrée du festival, investi depuis vendredi par une colonie de labels.

"On vient de la banlieue de Genève, mais côté français." Romain et Alexis, fondateurs du label Humanist records, n'ont pas hésité à avaler les bornes pour participer à leur première Route du Rock. Venus à la base pour voir leur ex-pouliche Chelsea Wolfe, ils ont décidé d'en profiter pour présenter leur label. "Vendre des disques n'est pas notre but ultime. On est avant tout présent pour se faire connaître et essayer de faire grandir Humanist records." Bénévoles, le voyage représente avant tout un peu de vacances, et les disques vendus rembourseront l'essence...

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PopnewsJuillet 2011

Belle Arché Lou, Mark Beazley

Le 7ème Ciel, 1er juillet 2011

Il y a de tranquilles évidences qui s'installent parfois. La musique de Bella Arché Lou, par exemple. Ces gars-là, vous ne les connaissez pas, ils pourraient être vos collègues de bureau ou vos voisins de pallier, rien à signaler. Mais dès qu'ils s'emparent de leurs instruments respectifs (vibraphone et guitare classique), les frères Paul, Wesley et Alexis, vous font chavirer l'âme. Une question de justesse, d'harmonies célestes entre les notes cristallines du vibraphone et le long lamento de la guitare classique scandés par les percussions et les claviers d'un troisième larron. Comme Astrid, comme Encre, comme ces formations qui se refusent aux genres et aux préfixes (post, proto, no...), Belle Arché Lou trace une voie singulière vers des territoires aux contours flous. Cette géographie se confond avec la voute étoilée, étonnamment claire, qui coiffe le 7ème Ciel. Nous sommes les fragiles et privilégiés témoins de ce dialogue entre les éléments. Musique ample et rêveuse pour têtes chercheuses, douce musique de nuit aux accents élégiaques ou ritournelles de boîte à musique pour gentils ogres assoupis… Comment qualifier l'ample chrysalide sonore qui se déploie ? Difficile de croire que ces gars-là jouaient du No Metal il y a encore quelque temps. Et en bons pisteurs que nous sommes, on surveillera particulièrement la sortie de leur premier disque "Les Avalanches tombées du ciel", prévu en septembre sur Humanist Records.Vincent Arquillière et Luc Taramini

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ElegyAvril/mai 2011

CHELSEA WOLFE

THE GRIME AND THE GLOW (HUMANIST RECORDS)

Il aurait été étonnant que personne de décide de s'engouffrer à la suite de Zola Jesus dans ses explorations gothico-industrialo-indie ; c'est chose fait avec Chelsea Wolfe dont la parenté artistique avec l'autre californienne est ce qui vient en premier à l'esprit à l'écoute de son premier album (sorti en fin d'année dernière et déjà suivi d'un deuxième). Mais d'emblée, il faut aussi nuancer cette comparaison, car au-delà d'évidents points communs, les deux jeunes filles empruntent finalement des galeries différentes. Comme Zola Jesus, Chelsea Wolfe partage son expression entre incantations de prêtresse pour cérémonie post-apocalyptique et douceurs veloutées, extrémités sonores bruitistes et replis mélodiques. Mais elle s'en tient à un minimalisme lo-fi que la première a abandonné sur Stridulum et alors que celle-ci entretient d'étroites liaisons avec le courant industriel et électronique, c'est plues les extrémités du doom metal et du black metal qu'elle rejoint, lorsqu'elle tend vers la saturation. Et ce n'est pas sa seule reprise de Burzum qui nous fait la comparer au black metal : il y a quelque chose de similairement nihiliste et mortifère dans ce folk lo-fi jusqu'au décharnement ou le silence même terrifie, dans ces étendues désolées sur lesquelles ses traînées vocales nous emportent avec la force fatale d'un lestage de plomb, tour à tour d'âme en peine hantant notre esprit et insaisissable furie meurtrissant notre perception. Il est difficile d'échapper au malaise contagieux que secrète ce disque. Jessica Bouche-Rétif

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Rock & FolkMars 2011

CHELSEA WOLFE

THE GRIME AND THE GLOW (HUMANIST RECORDS)

Cette artiste américaine, originaire de Sacramento aujourd'hui basée à Los Angeles, est probablement seule au monde. Adepte d'un folk doom des plus sombre, à l'acoustique jamais tranquille, elle sort un deuxième album absolument admirable et hanté, inspiré par le Bergman du "7ème Sceau" et le Céline de "Mort A Crédit". Ambiance... "Advice & Vices" qui ouvre l'album, ultra minimaliste - le disque a été totalement enregistré sur un Tascam 488 - convie à une cérémonie païenne envoûtante. "Moses", qui suit, plus sale, avec une guitare malade et une voix à l'agression post-mortem, évoque les Kills, mais bien loin des soirées branchées. Une noirceur qui enveloppe, qui berce. Sur "Deep Talks", une pluie de barbelés s'abat sans prévenir, torture sonique libératrice. "Fang", très gothique dans son approche dépouillée, ouvre les portes d'une église abandonnée. "Benjamin" début par un piano inquiétant, Chelsea Wolfe chante comme un ange maudit, on pense à This Mortal Coil. On s'incline devant une beauté aussi sauvage, à la lumière blafarde. "The Whys" replonge dans une saturation solitaire, rock'n'roll incantatoire, possédé jusqu'à l'os. "Bounce House Demons" donne l'impression troublante qu'une radio depuis longtemps détruite aurait recommencé à émettre. Ondes malsaines, répétitives, impitoyables, un vrai trip métallique et psychédélique ! Enfin, "Widow", qui clôt le disque, est une prophétie sauvage, Wolfe joue les sorcières, bercée par un vent d'ouest qui n'apporte aucun réconfort. Ce voyage, évidemment jusqu'au bout de la nuit, est absolument sidérant. Les rêves les plus vertigineux s'entrechoquent, explosent bien longtemps après la fin du disque. Difficile d'en ressortir indemne, Une expérience rare. ****Jerôme Reijasse

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